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Étude

Le titre qui se fait citer par les IA est celui qui a la forme de la question, 58 % contre 24 %

Par Simon Vasconcelos Lee

Fondateur d'Epovest

Mesuré du 6 juil. 2026 au 2 sept. 2026 Moteurs IA : ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity, Mistral, Grok

Quelqu'un finit d'écrire un article et doit lui donner un titre. Deux conseils lui arrivent, et ils se contredisent. Le référencement lui dit de mettre un nombre en tête, « Les 10 meilleurs », parce que c'est ce que les moteurs de recherche ont récompensé pendant vingt ans. L'optimisation pour les IA lui dit l'inverse, de poser la question à laquelle la page répond, parce qu'un assistant cherche une réponse et non une liste.

Nous avons départagé les deux conseils sur 4 791 réponses de six assistants. Aucun des deux ne tient.

Ce qui décide n'est pas une forme. C'est un accord.

Ce qu'on voit en ne regardant que les pages citées

Le réflexe est de relever les titres des pages citées et de compter. Sur 15 024 citations d'articles, ce relevé rend ceci.

Part des titres cités
  1. Un superlatif, « best », « meilleur »56 %
  2. Un millésime, « 2026 »49 %
  3. Un nombre en tête, « Les 10 »36 %
  4. Un point d'interrogation6 %
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Marque du titre Part des titres cités
Un superlatif, « best », « meilleur » 56 %
Un millésime, « 2026 » 49 %
Un nombre en tête, « Les 10 » 36 %
Un point d'interrogation 6 %

La conclusion s'impose d'elle-même : écrivez des listes numérotées à superlatif, n'écrivez jamais de questions. Elle est fausse, et pour une raison qui n'a rien à voir avec les IA. Ce relevé n'a pas de dénominateur. Si 36 % des pages citées portent un nombre en tête, c'est peut-être seulement que 36 % des pages que le moteur avait sous les yeux en portaient un. On mesure la composition du web, pas une préférence.

Il manque les pages que le moteur a lues et n'a pas citées.

Le témoin

Un des six moteurs les rend. Quand Claude répond, l'enregistrement conserve à la fois les pages qu'il a citées et celles qu'il a consultées sans les citer. Les deux groupes viennent de la même réponse : même question, même moteur, même instant, même langue, même passage de recherche. Ce qui les sépare est la citation elle-même.

Six cent soixante-neuf réponses portent ce témoin, sur 201 questions distinctes et six langues. Elles contiennent 3 561 pages citées et 4 061 pages lues sans citation. Le titre a été relevé pour 96,3 % des 3 419 adresses ; une fois écartés les murs anti-robot et les pages qui ne sont pas des articles, il reste 5 606 observations sur 657 réponses.

Une seule question se pose alors à ces données : parmi les pages qu'un moteur avait sous les yeux pour une question donnée, celles dont le titre porte telle marque sont-elles citées plus souvent que les autres ?

Les deux recettes tombent ensemble

Rapport de cotes
  1. Les mots de la question repris1,90
  2. La forme accordée à la question1,50
  3. Une parenthèse1,46
  4. Un comparatif « vs »1,17
  5. Un superlatif1,15
  6. Un millésime1,13
  7. Un point d'interrogation1,10
  8. Un titre how-to1,09
  9. Un nombre en tête1,02
  10. Un deux-points0,80
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Marque du titre Rapport de cotes IC 95 %
Les mots de la question repris 1,90 1,55 à 2,32
La forme accordée à la question 1,50 1,25 à 1,79
Une parenthèse 1,46 1,26 à 1,70
Un comparatif « vs » 1,17 0,93 à 1,48
Un superlatif 1,15 1,00 à 1,32
Un millésime 1,13 0,99 à 1,28
Un point d'interrogation 1,10 0,88 à 1,38
Un titre how-to 1,09 0,94 à 1,27
Un nombre en tête 1,02 0,89 à 1,16
Un deux-points 0,80 0,69 à 0,92

Un rapport de cotes de 1 veut dire que la marque ne change rien. Le nombre en tête mesure 1,02 et le point d'interrogation 1,10, intervalles contenant 1 l'un comme l'autre. Ce n'est pas un manque de données : avec 5 606 observations, l'intervalle du nombre en tête exclut tout effet supérieur à 16 %.

La question retourne le signe

Les effets ne sont pas absents. Ils sont opposés selon ce que la question demande, et ils s'annulent quand on les additionne. Voici les taux de citation observés, une fois les réponses séparées selon la demande.

  • Question en « comment »
  • Question de classement ou de liste
  1. How-to, « comment faire »57,9 %43,8 %
  2. Superlatif24,2 %57,2 %
  3. Liste numérotée22,5 %53,6 %
  4. Aucune des trois50,3 %41,8 %
  5. Pages observées8772 297
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Forme du titre Question en « comment » Question de classement ou de liste
How-to, « comment faire » 57,9 % 43,8 %
Superlatif 24,2 % 57,2 %
Liste numérotée 22,5 % 53,6 %
Aucune des trois 50,3 % 41,8 %
Pages observées 877 2 297

Le même titre à superlatif, du genre « Best CRM for small business », est cité 24 % du temps quand la question demande comment faire quelque chose, et 57 % quand elle demande quel est le meilleur. Même corpus, même moteur, même semaine.

En rapports de cotes, sur les pages vues en réponse à une question en « comment » : un titre how-to vaut 2,39, une liste numérotée 0,28, un superlatif 0,15. Sur une question de classement, le superlatif repasse au dessus de 1 à 1,32 et le how-to descend à 0,66. Le point d'interrogation obéit à la même loi : il vaut 2,14 devant une question en « comment » et 0,60 devant une question qui n'en est pas une.

Un titre dont la forme répond à la forme de la question est cité 1,50 fois plus. Et se tromper de forme coûte plus cher que n'en porter aucune : sur une question en « comment », un titre à superlatif est cité 24 % du temps quand un titre sans marque particulière l'est 50 % du temps.

Ce qui gagne partout

Une seule mesure monte dans toutes les familles de questions, dans les quatre langues assez peuplées pour être testées et sur les deux modèles du moteur témoin : la part des mots pleins de la question que le titre reprend.

Part des pages citées
  1. Aucun39,0 %
  2. 1 à 33 %49,8 %
  3. 34 à 66 %58,9 %
  4. 67 à 99 %67,5 %
  5. Tous70,7 %
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Mots de la question repris dans le titre Part des pages citées
Aucun 39,0 %
1 à 33 % 49,8 %
34 à 66 % 58,9 %
67 à 99 % 67,5 %
Tous 70,7 %

L'objection est évidente : reprendre les mots d'une question, c'est traiter le sujet. Le corpus y répond en partie. L'adresse d'une page dit déjà beaucoup de son sujet, et l'alignement de l'adresse seule vaut 1,37. Or parmi les pages dont l'adresse reprend déjà la moitié des mots de la question, celles dont le titre les reprend aussi sont citées 4,36 fois plus. Le titre pèse le plus fort là où le sujet est déjà acquis.

Par langue, l'effet va de 1,38 en anglais à 2,32 en allemand, 6,78 en espagnol et 8,66 en français. L'anglais est le marché le plus travaillé, donc celui où les titres se ressemblent déjà le plus, et celui où reprendre la question rapporte le moins.

Deux marques de ponctuation, et aucune ne vient du folklore

Deux traits survivent à la correction pour tests multiples. Une parenthèse dans le titre vaut 1,46, et dans deux cas sur trois elle contient une année : « (2026) », « (Guide 2026) ». Elle ne dit rien du contenu, elle date la page dans le seul fragment de texte qu'un moteur voit avant d'ouvrir quoi que ce soit. Un deux-points vaut 0,80 : le titre en deux temps, « Sujet : promesse », est cité un cinquième de moins.

Les moteurs ne sont pas d'accord entre eux

Le témoin apparié n'existe que pour un moteur. Une seconde comparaison couvre les six, plus faible : pour une même question et une même semaine, on réunit les pages citées par au moins un moteur et l'on regarde lesquelles chacun a retenues.

Moteur Liste numérotée Superlatif Point d'interrogation Mots de la question
ChatGPT 0,29 0,28 1,34 0,21
Perplexity 1,86 1,40 1,25 2,15
Mistral 1,34 2,12 1,15 2,28
Claude 0,93 1,65 1,12 1,97
Grok 0,98 1,11 0,60 0,72
Gemini 1,17 0,60 0,44 0,80

ChatGPT et Perplexity vont dans des directions opposées sur les mêmes pages : la liste numérotée vaut 0,29 chez l'un et 1,86 chez l'autre. Le fond du désaccord se lit dans ce que chacun cite, et les profils de sites derrière les réponses le disaient déjà : 82 % des citations de Perplexity sont des articles, contre 43 % chez ChatGPT, qui cite bien davantage des pages d'accueil, des pages produit et de la documentation.

Les sources qui comptent ne se ressemblent pas non plus. Quarante domaines dépassent vingt citations d'article dans le corpus. La part de leurs titres portant un nombre en tête va de 0 % à 100 %, médiane 39 %. Trente et un de ces quarante domaines n'emploient jamais de point d'interrogation, et aucun ne dépasse 18 %. Imiter « ce que font les sites cités » revient à tirer au sort.

Ce que cela change pour vous

Écrivez le titre après la question, pas avant. Partez de la formulation que votre marché tape réellement et reprenez ses mots pleins dans le titre : c'est le seul geste qui gagne partout, dans les quatre langues testées comme sur les deux modèles du moteur témoin.

Accordez ensuite la forme à la demande. Une question en « comment » appelle un titre how-to, une question en « quel est le meilleur » appelle un superlatif, et l'erreur de forme coûte plus que l'absence de forme.

Datez dans le titre, entre parenthèses. L'effet est petit, mais il est réel et il ne dépend pas de la question.

Et cessez de croire aux recettes de forme. Le nombre en tête et le point d'interrogation, pris pour eux-mêmes, ne rapportent rien. Ce qui les fait marcher est ce qu'ils ont en face.

Méthode

Le corpus couvre 4 791 réponses de six assistants à 309 questions distinctes, du 6 juillet au 2 septembre 2026, en six langues et sur une vingtaine de secteurs. Chaque réponse est archivée avec ses sources citées et sa date, soit 46 712 citations vers 24 978 adresses et 8 763 domaines.

L'analyse principale porte sur les 669 réponses où le moteur rend aussi les pages lues sans citation. Le test est un Cochran-Mantel-Haenszel stratifié par réponse : chaque réponse est sa propre comparaison, ce qui neutralise la question, la langue, le secteur et l'instant. Les intervalles sont ceux de Robins-Breslow-Greenland, confirmés par un bootstrap sur les réponses, et la correction de Holm s'applique à la famille des dix marques testées. Trois contre-épreuves laissent les résultats en place : une seule page par domaine et par réponse, les titres bruts sans retrait du bandeau de site, et le retrait du plus gros panel.

La grille de classement des titres a été écrite avant tout calcul, puis auditée à la main sur soixante-dix titres tirés au sort. Huit défauts ont été trouvés, dont des murs anti-robot pris pour des titres et une liste manquée parce que le mot suivant le nombre faisait deux lettres. Les huit ont été corrigés et l'analyse entière rejouée.

Trois limites se disent. Le témoin n'existe que pour un moteur, sur deux de ses modèles, où le résultat se reproduit ; la comparaison entre les six est descriptive. Le rang auquel une page a été trouvée n'est pas conservé dans l'enregistrement, ce qui empêche de séparer ce que la couche de recherche a classé de ce que le modèle a choisi : ce qui est mesuré est le résultat qui intéresse un éditeur, être cité plutôt que seulement lu. Enfin le titre est tout ce que l'on observe de la page, et un titre qui reprend la question est le plus souvent une page qui y répond ; la comparaison avec l'adresse limite l'objection sans la lever.

Les parts de composition et la comparaison entre moteurs reposent sur les titres relevés pour un tirage au sort de 41 % des adresses du corpus. Le corpus apparié, lui, est relevé à 96,3 %.

Mesuré avec Epovest.