Étude
Ce que les IA citent vraiment : les profils de sites derrière les réponses, moteur par moteur
Quand une IA répond à une question de votre marché, sur quelles pages s'appuie-t-elle ? Les noms qui viennent en tête sont les gros : médias installés, plateformes que tout le monde connaît. Si c'était vrai, la porte serait déjà fermée pour tous les autres. Nous l'avons donc mesuré, sur nos propres panels : 923 réponses archivées avec chaque source citée, sur quatre moteurs et cinq marchés, en juillet 2026.
Deux résultats portent cette étude. Le web cité est bien plus ouvert que ne le suggère l'idée reçue « toujours les mêmes gros noms ». Et chaque moteur fait confiance à un web visiblement différent : chaque chiffre ci-dessous est donc donné par moteur, jamais en moyenne.
La mesure
Entre le 10 et le 25 juillet 2026, nos suivis ont posé 18 panels de questions figés à ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity via leurs API officielles, exactement comme ils tournent pour n'importe quel compte. Les panels couvrent cinq marchés : destinations de voyage (648 réponses), SaaS et visibilité IA (208), services web en français (27), données de change (16) et questions d'identité de marque (24). Chaque réponse est archivée avec ses sources citées : 6 991 citations au total, pointant vers 2 049 domaines racine uniques.
Le voyage et le SaaS portent le poids statistique. Les trois petits panels se lisent comme des indications, pas comme des lois, et sont signalés comme tels ci-dessous.
Constat 1 : aucun oligopole ne tient les réponses aujourd'hui
Pour chaque moteur, nous avons sommé les citations prises par ses dix domaines les plus cités :
| Moteur | Questions voyage | Questions SaaS |
|---|---|---|
| ChatGPT | 43 % | 32 % |
| Perplexity | 28 % | 23 % |
| Claude | 25 % | 27 % |
| Gemini | 12 % | 16 % |
Même à l'extrémité la plus concentrée (ChatGPT sur le voyage), les dix premiers domaines laissent 57 % des citations à tous les autres. À l'extrémité ouverte, les dix domaines voyage les plus cités de Gemini portent 12 % de ses citations, et il a fallu 746 domaines distincts pour porter le reste. L'ensemble des pages sur lesquelles s'appuient les réponses des IA est une longue traîne, et des sites modestes en font partie.
Constat 2 : chaque moteur fait confiance à un web différent
ChatGPT penche vers l'institutionnel. Sur le voyage, ses trois sources les plus citées sont Lonely Planet (129 citations), National Geographic (102) et l'UNESCO (51), avec les domaines gouvernementaux juste derrière. Son critère est une réputation construite ailleurs, ce qui en fait l'ensemble le plus lent à intégrer.
Gemini est le plus dispersé. Opérateurs spécialisés, blogs personnels, YouTube et Reddit se partagent son sommet, et aucune source ne domine. Un site pointu avec une page solide sur la question exacte peut entrer dans son ensemble cité : c'est là que les nouveaux entrants émergent en premier.
Perplexity lit d'abord les plateformes. Sur les questions voyage, YouTube est sa source la plus citée (152 citations) et Reddit la deuxième (138). Le même motif tient sur les questions SaaS, où LinkedIn entre aussi dans ses premières sources. Comme nous l'avons mesuré dans notre étude YouTube, ce que le moteur lit réellement là-bas, c'est la transcription.
Claude cite le moins et lit le plus. 466 citations sur 233 réponses, mais sur les seules questions SaaS il a lu 342 pages sans les citer, un chiffre que seul Claude expose. Quand il cite, les réponses s'appuient sur des blogs de consultants indépendants et des pages d'agences : une expertise signée par une personne ou un cabinet, plutôt que des médias de masse.
Sur les questions SaaS, un fait de plus compte pour tout éditeur : les propres pages des éditeurs d'outils sont citées par tous les moteurs, aux côtés des tiers. Répondre à la question de votre marché sur votre propre page n'est pas de l'encre perdue.
Constat 3 : quand le moteur ne cherche pas, c'est sa mémoire qui répond
Toutes les réponses ne déclenchent pas une recherche web. Mesuré sur ce corpus : Perplexity a cherché dans 100 % de ses réponses, Gemini dans 96 %, ChatGPT dans 73 %, Claude dans 42 %.
Le chiffre de Claude cache le détail le plus utile : il cherche selon le sujet. Sur les questions SaaS et visibilité IA, il a cherché 79 % du temps ; sur le voyage, 27 % du temps, et il a répondu de mémoire le reste. Là où le moteur croit déjà savoir, c'est le corpus d'entraînement qui répond, et ce corpus a été figé il y a des mois.
Il y a donc deux jeux différents dans une même question de visibilité. La récupération en direct récompense la page qui répond à la question exacte posée, et peut se gagner cette semaine. Le corpus figé récompense ce qui existait, de façon stable et répétée, au moment où il a été construit, et ne se met à jour qu'à la sortie du modèle suivant. Publier tôt et garder des URL et des faits stables, c'est ainsi qu'une marque joue sur les deux tableaux.
Constat 4 : les questions de confiance s'ancrent sur des tiers modestes
Notre panel d'identité de marque est petit (24 réponses, indicatif), mais son motif est net et rejoint ce que nous avions mesuré dans notre étude sur les backlinks : quand les moteurs répondent à « peut-on faire confiance à cette entreprise », les citations vont aux plateformes d'avis (Trustpilot en tête), à LinkedIn et à des registres et sites de vérification tiers, pas à la presse. C'est le dossier tiers qui porte le verdict, et ces pages-là sont à la portée de n'importe quelle entreprise.
Ce qu'une marque en fait
- Couvrez les questions de votre marché sur vos propres pages. Les pages d'éditeur sont citées quand elles répondent à la question posée, et ce sont les seules pages que vous contrôlez entièrement.
- Existez là où chaque moteur lit. Une vidéo bien titrée dont la transcription répond à la question, pour Gemini et Perplexity. Un dossier tiers propre, pour les questions de confiance. Des pages signées par un expert, pour Claude.
- Mesurez par moteur, jamais en moyenne. Chaque chiffre de cette étude se divise en quatre. Une stratégie réglée sur la moyenne optimise pour un moteur qui n'existe pas.
Méthode
923 réponses collectées entre le 2026-07-10 et le 2026-07-25 par les suivis Epovest via les API officielles des moteurs, sur des panels figés formulés comme les clients les posent. Chaque réponse est archivée avec ses sources citées ; les domaines sont normalisés à leur racine enregistrable (2 049 racines uniques). Les tailles de cellule varient par marché et par moteur et sont données dans le texte. Les chiffres sont réutilisables avec attribution.